Vitrail Vitrail

Résumé historique à l'occasion du 100e anniversaire
de la construction de l'église catholique de Tramelan!


  Acte 1178 du pape Alexandre III   Texte de l'acte !
Acte 1178

L'acte du pape Alexandre III cite la paroisse de Tramelan en 1178, Elle est desservie par la Chapitre de Saint-Imier et fait partie du diocèse de Besançon. En 1530, la Réformation est adoptée à Tramelan. Le Conseil de Bienne institue un prédicant pour prêcher et administrer la "sainte Parole de Dieu". Dès 1798, sous le régime français, des catholiques s'établissent à Tramelan et fréquentent l'office aux Genevez.

En 1801, le Concordat rattache les catholiques au diocèse de Strasbourg et à la paroisse de Courrendlin. En 1815, le Jura est rattaché au diocèse de Bâle. Tramelan fait partie de la paroisse de Saint-Imier, dont le curé vient dire la messe une fois par mois dans la salle de l'école de Tramelan-Dessous.
En l'an 1890, l'abbé Léon Maître est installé premier curé de Tramelan. Il célèbre la messe dans la chapelle des Indépendants, mise à disposition par le pasteur Gross.

1893 - Chapelle catholique  
Chapelle
Une chapelle est inaugurée en 1893, au lieu dit "sur Bantavaux". Elle comprend un logement pour le curé. L'abbé Adolphe Fleury succède au curé Maître pendant quatre ans et en 1902, l'abbé Edmond Grimaître est installé à Tramelan.

C'est en 1905 que la communauté catholique de Tramelan obtient, par décret du Grand-Conseil de l'Etat de Berne, le titre de paroisse indépendante.

La construction d'une église dédiée au culte catholique est alors commencée au printemps 1909, à côté de l'ancienne chapelle. L'église, encore sans mobilier fut bénite par M. l'abbé Rippstein, curé de Saint-Imier, le 29 mai 1910.
Les travaux pour l'édification de l'église commencèrent à la mi-avril 1909.

  Charpente du clocher
Charpente
L'église catholique de Tramelan a été construite par le doyen Grimaître en 1909-1910, d'après les plans de M. le Dr August Hardegger architecte à St-Gall. M. Orlandi à collaboré pour les travaux de terrassement, la maçonnerie, gypserie et peinture, M. Abraham Bühler pour la charpente, M. Kräenbühl pour la toiture, M. Senaud pour la ferblanterie, M. Constant Girardin pour la menuiserie, M. Bottinelli pour la ferronnerie. Le tout avait coûté 61'420 fr. 40.

La pierre ouvragée des portes, des fenêtres et des corniches, provient de la Meuse; les piliers de l'intérieur sortent des carrières des Reussilles. La charpente de l'église est terminée le 14 août 1909. Cette église de style néo-gothique comporte également des éléments Heimatstil pour certains aspects de la toiture et dans les aménagements intérieurs.

Dimanche 29 mai 1910 a lieu la cérémonie d'inauguration de la nouvelle église catholique.



  Grand vitrail
Vitrail
Nicolas de Flue, né à Flüeli en 1417  
et mort en 1487, est un ermite suisse.  
C'est un saint de l'église catholique, patron de la Suisse.  
Nicolas de Flue
Les superbes vitraux qui surmontent les trois autels, ont été fournis par la maison Zettler de Münich. Le plus grand (5m x 2.50m) représente la Nativité du Christ; c'est un don de Melle Queloz-Régnier, de Saigne-légier. Les deux vitraux latéraux reproduisent l'Annonciation et St-Michel patron de la paroisse; ils ont été offerts par M. le chanoine Vuilleumier, enfant de la paroisse, devenu doyen de la cathédrale de Metz.

Le vitrail du B. Nicolas de Flue a été livré, en 1929, par la maison Kirsch et Flekner, de Fribourg.

Les autels, en chêne bien sculpté, étaient autrefois dans la Notkirche de Trimbach (Soleure). La chaire et le confessionnal ont été façonnés dans les renommés ateliers du Tyrol.

1910 1933
En 1920 la tour de l'église était pourvue de cloches. Les cloches, (mi, la B, si) ont été fondues, en 1919, par M. Arnoux d'Estavayer. (Charles ARNOUX père et fils Estavayer-le-Lac). Les cloches furent baptisées le 16 novembre 1919 : Marie-Rose, Ida-Maria et Jeanne-Clémentine.

Le chauffage de l'église a été installé en 1928.



En 1933, Mgr Ambühl consacre l'église qui est dédiée à la Sainte Trinité.  
Le patron de la paroisse est saint Michel.  


Une rénovation intérieure fut réalisée en 1955. Le maître-autel et le Chemin de Croix sont des oeuvres du sculpteur Laurent Boillat. Le vitrail du cœur est du chanoine Edgar Voirol.

Le nouvel l'orgue installé en 1956 est un instrument de la Manufacture Kuhn de 1956 (2 claviers, pédalier, 11 jeux), la traction en est mécanique. Inauguration: 08.04.1956.

Orgue Coeur


















La nouvelle cure fut inaugurée en 1965 et le foyer paroissial en 1971. La paroisse comptait, au recensement de 1970, 1616 catholiques.
Constitution de la TRAMATA en 1985 qui regroupe les paroisses de Tramelan, Malleray et Tavannes.

  1984-Dessin du Dr.Le Grand
1984 dessin du Dr.Le Grand 2005




















Croix du clocher

Rétablissement du culte catholique à Tramelan

Arthur DAUCOURT 1909        Extrait :
DICTIONNAIRE HISTORIQUE DES PAROISSES DE L'ANCIEN ÉVÊCHÉ DE BÂLE
Edition Slatkine, Genève 1980

Depuis la Réforme, jusqu'en 1798, époque où le restant des Etats du prince évêque de Bâle furent réunis à la France, aucun Catholique ne pouvait résider à Tramelan.
Sous le régime français, quelques catholiques vinrent s'établir à Tramelan et fréquentèrent le culte aux Genevez.
Le Concordat de 1801, détacha Tramelan du diocèse de Besançon et rattacha les catholiques qui s'étaient établis dans ces villages, au diocèse de Strasbourg et à la paroisse de Courrendlin (1). En 1814 tout le Jura fit retour au diocèse de Bâle et plus tard quand fut créée la paroisse catholique de St-Imier, Tramelan fit partie de la nouvelle paroisse jusqu'en 1890.
M. l'abbé Joseph Fleury curé de St-Imier (1884) sur les instances des catholiques de Tramelan, allait une fois par mois dire la messe le dimanche dans cette localité. Ce culte se célébrait dans une salle d'école de Tramelan-Dessous. La famille du Dr Muriset, du Landeron, hébergeait le prêtre et prenait soin des ornements indispensables à la célébration du culte. M. Muriset lui-même servait la messe, qui était suivie d'un catéchisme pour les enfants. Ce fut cet homme de bien qui groupa les catholiques dispersés et obtint par ses démarches réitérées la nomination d'un desservant à demeure pour cette maison - M. l'abbé Charmillot, qui succéda en 1886 à M. Fleury, continua l'œuvre entreprise par son prédécesseur à Tramelan. Il acheta en 1889 un carré de verger dans l'intention d'y bâtir une chapelle. M. l'abbé Nicklès, vicaire à Courrendlin, allait tous les quinze jours à Tramelan dire la messe le dimanche pendant les premiers mois de l'année 1890. En cette année, vers la fin juin, M. l'abbé Maître, vicaire à Delémont, reçut sa nomination de premier curé de Tramelan et l'ordre de s'y rendre pour le premier dimanche de juillet -. La cérémonie d'installation fut des plus simples. Arrivé le vendredi, le nouveau curé dut partager le logis d'une nombreuse famille (Joseph Lovis, menuisier, de la Racine) qui lui céda deux petites chambres. Dans l'une, il dressa un modeste autel ; elle lui servit de chapelle domestique pour la semaine. Mais le lendemain de son arrivée et même les jours suivants, l'installation n'étant pas achevée, il ne put dire la messe. L'autre chambre lui servit de bureau, de dortoir et de pénitencerie; le confessionnal était dressé au pied du lit. Plus tard, il obtint en plus une chambre contiguë pour les répétitions de chant et autres réunions. Les dimanches, sur le soir, les trois chambres étaient envahies par les fidèles qui venaient au chapelet. Pendant 22 mois, le curé prit pension à l'hôtel.
Ce fut ce premier dimanche de juillet 1890 qu'eut lieu la cérémonie d'installation du nouveau curé. Cette prise de possession fut vraiment celle d'un missionnaire. Une messe basse célébrée sur une table devant un crucifix et deux cierges ; pas de doyen, pas de prêtres, pas de délégué de l'évêque, mais une foule recueillie qui se pressait dans les bancs de l'école. Le directeur de la fanfare de Tramelan Dessus, M. Glück (2), avait réuni les quelques membres catholiques de sa société et cette musique improvisée joua quelques graves mélodies pendant cette inoubliable cérémonie.
Après l'évangile, le nouveau pasteur adressa à ses ouailles une allocution fréquemment interrompue par les sanglots de l'auditoire et de l'orateur lui même. Telle fut l'entrée en fonction de celui qui avait été l'enfant gâté de la paroisse de Delémont et qui ne trouva pas à Tramelan un toit pour abriter le Dieu de l'Eucharistie.
M. le Dr Muriset, qui avait servi la Messe, offrit généreusement au curé le banquet d'installation au sein de sa famille. Un invité, M. Gicot du Landeron, y lut une touchante poésie de sa composition et fit don d'un tonnelet de vin sorti de ses caves pour la célébration des Saints Mystères.
Le flis aîné de la famille, M. Pascal Muriset, remplaça bientôt son père dans les fonctions de servant de messe. Actuellement, il est curé de Fleurier; à cette époque, il avait douze ans, mais son concours empressé et intelligent fut toujours une des meilleures consolations du curé missionnaire.
Déjà en automne de la même année, grâce à l'appui de M. le pasteur Gros, retiré à la Maison-Blanche à Evilard, la jeune paroisse put louer la salle des conférences ou chapelle de tempérance pour l'office du dimanche seulement. C'est dans cette chapelle qu'eut lieu un an après, la première communion, la première à Tramelan depuis la Réforme.
Entre temps. M, le curé Maître avait reçu de M. Stockmar, directeur de la justice et police, à Berne, l'autorisation de quêter en faveur d'une chapelle à bâtir à Tramelan. M. Maître parcourut toutes les paroisses du Jura en faisant appel à la générosité des fidèles. En 1892, il put acquérir un vaste terrain joignant celui déjà acheté par M. Charmillot et en septembre 1893, le jour du jeûne fédéral, la chapelle catholique était bénite et inaugurée solennellement. On voyait à cette cérémonie MM. les curés Lachat, des Genevez ; Beuret, des Breuleux et Citherlet, du Noirmont.
Outre la chapelle qui occupait tout le rez-de-chaussée de la nouvelle construction, celle-ci offrait au premier étage un logement modeste mais suffisant pour le curé. Ce n'était ni grand ni riche, mais le curé et les catholiques étaient chez eux. Il faut dire que les autorités et la population protestante furent en général toujours très larges et équitables envers les catholiques de Tramelan.- Le curé quêta non seulement dans le Jura, mais en Valais, à Fribourg, dans les cantons de Soleure, d'Argovie, de Lucerne, de Zoug; il reçut des subsides des gouvernements du Valais, de Zoug, de Lucerne et de Fribourg - II partait pour ses voyages le dimanche soir ou le lundi matin, et rentrait généralement le samedi pour les services du dimanche.
A côté de l'oeuvre matérielle s'élevaient encore les oeuvres spirituelles de la paroisse. Une Société de chant qui exécuta la première Messe chantée le jour de Pâques 1891 grâce à l'appui bienveillant et précieux de M. Auguste Glück, alors jeune étudiant organiste; une bibliothèque paroissiale, à laquelle vouait ses soins M. Emile Hägeli, le dévoué et perpétuel sacristain de la paroisse; un cercle catholique, qui était comme le cœur de la communauté... etc...
M. Maître fut nommé à la cure de Courfaivre en 1898. Il quitta Tramelan le 18 août et le même jour son successeur, M. Adolphe Fleury, vicaire à Courrendiin, y fil son entrée. Ces deux amis prirent en commun le repas de midi à Tramelan même et la paroisse ne connut pas de veuvage. Sous M. Fleury, la vie religieuse se développa considérablement, ainsi que les oeuvres paroissiales. Nommé à la cure de Moutier en février 1902, il fut remplacé à Tramelan par M. l'abbé Grimaître, vicaire à Saignelégier. Celui ci à l'effet de construire une église pour remplacer la chapelle devenue insuffisante, reprit le métier de quêteur et organisa une tombola, dont le produit a permis de commencer le magnifique édifice dont les plans sont dus à M. l'architecte Hadegger de St-Gall, et qu'on espère voir sous toit cette année même (1909).
Sous l'administration de M. Grimaître, la communauté catholique de Tramelan a été érigée en paroisse officielle par décret du Grand Conseil en 1905. Les immeubles et les biens a l'usage de la paroisse ne sont pas la propriété de cette corporation, mais celle d'une société anonyme inscrite au registre du commerce. Cette précaution a été prise pour évite que ces immeubles ne soient détournés de leur but qui est de servir à l'usage d'une paroisse catholique romaine en communion avec l'évêque légitime du diocèse de Bâle.

(1) La paroisse de Courrendlin comprenait tous les catholiques habitant les localités des justices de paix de Moutier, Court, Courtelary et Bienne. Ordo du diocèse de Strasbourg 1802.
(2) M. Glück est le père de M. l'abbé Glück, professeur à l'Ecole cantonale de Porrentruy.

© jdn / 06.2010


25 septembre 2010 :

Sources:
Photos vitraux et intérieur de M. Charles-André Schleppy :   Orgues et vitraux
Journaux, revues diverses, archives personnelles.
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